1.Plaidoyer pour l'être multiple : Pseudonyme?

 

"En variant le ton"... Qui ne se souvient de la tirade du Nez dans Cyrano?

 

ROMAIN GARY et  EMILE AJAR sont un seul et même homme, viendrait-il à quiconque l'idée de le nier et de lui en vouloir?
Je dirai qu'ici l'usage du pseudonyme était peut-être une "protection "contre l'opinion qui veut que l'on soit conforme, et l'artiste , en particulier, à l'image que le public s'est forgé de lui.
De même que le grand acteur ne saurait se cantonner à un seul rôle, le peintre doit pouvoir dire, à sa manière changeante, s'il le désire selon son heure, et nous combler de sa multiplicité d' écriture : l'essence de lui, dans tous les cas apparaîtra.
Une écriture ancienne, nouvelle, d'avant-garde, moderne, classique..... seront tout autant une part de lui-même.

                ...... DERAIN le classique et le fauve
                ...... HELION abstrait d'abord , puis figuratif
                ...... KANDINSKY, PICASSO, BRAQUE... sont autant d'exemples.
 

La richesse de l'homme (et de la femme , bien sûr) peut être inouïe dans son expression artistique.
Ne la tuons pas .

 

Je plaide pour le droit à chacun de dire ce qu'il a envie de dire , comme il a envie de le dire, indépendamment des modes en cours, mais aussi à exiger que soit respecté celui à qui l'art est destiné.

Pseudo? Pas pseudo?
Cela pourrait être un bon thème de discussion dans nos rencontres d' artistes .....
 
 

2.Lettre ouverte aux Organisateurs de salons et d’expositions d’art plastique

 

Je suis artiste peintre et me fais chaque jour davantage des remarques sur l’organisation des salons ou expositions auxquels j’ai la chance participer et il m’a semblé absolument nécessaire de vous en faire part.

La grande ronde des artistes ou chronique annoncée de la mort de l’art
Il était une fois un amateur d’art (éventuellement artiste lui-même) qui décide de créer un salon dans son coin A. Pour se faire il se procure auprès des autres organisateurs de salon la liste de leurs exposants, et ce, croit-il pour ne pas partir de zéro et surtout n’avoir pour participants à son salon que des artistes invités (déjà triés sur le volet par les autres) .
Et voilà, la boucle est bouclée et le salon qu’il a créé dans le lieu A devient presqu’automatiquement le même salon que ceux des lieux B, C, D…. Peut-être pas avec les mêmes œuvres mais en tout cas avec les mêmes artistes.
Pas d’imagination, Pas de créativité, Pas d’innovation, seulement un entre soi qui ronronne !!!
Faut-il rappeler le succès d’aujourd’hui des refusés d’hier ?
 
Vous, organisateurs de salons et d’expositions, n’ayez pas peur de prendre des risques : celui d’avoir beaucoup plus de travail, celui de recevoir trop de candidatures et de devoir trier (ne laissez pas cette responsabilité à d’autres), celui d’avoir à refuser le travail des artistes qui ne sont pas encore à la hauteur et d’éventuellement encourir des critiques.  Ce n’est qu’à ce prix que l’art plastique pourra évoluer et construire son histoire sans sclérose.
 
Le rôle et la place de l’invité d’honneur
Si vous estimez nécessaire de sélectionner un artiste en particulier pour en faire l’invité d’honneur de votre salon ou de votre exposition, posez-vous la question de savoir pourquoi vous pensez que cela est nécessaire. Peut-il  vous apporter effectivement grâce à son nom et sa réputation plus de visiteurs ? Cela est probablement essentiel mais dans tous les cas,  même si il est le principal  point d’ attraction, il est absolument indispensable de ne pas négliger le reste de l’ exposition : les autres artistes ne sont pas là pour servir de faire valoir à votre invité d’ honneur, ils sont parties prenantes de l’ exposition et l’attention que l’on leur porte doit être au moins aussi grande que celle portée à  l’invité d’honneur. Donnez à ce dernier un espace significatif mais que l’ensemble des autres exposants bénéficient d’un espace suffisant pour mettre en valeur leur travail.
 
Voilà quelques-unes de mes réflexions lorsque je constate aujourd’hui que nombre de salons ne sont plus ouverts que sur invitation et que la place réservée aux invités d’honneur est de plus en plus importante.
 
Je revendique le droit de soumettre ma candidature à tout salon qui m’intéresse, et à disposer d’un accrochage équitable si j’y suis acceptée.
 
Françoise Bousquet 
 Artiste peintre